Métiers

Le charpentier

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Le métier

Le charpentier conçoit et réalise les ossatures qui servent de support aux menuiseries et couvertures des bâtiments. Il assemble la structure définitive sur le chantier avant le montage. Il restaure les charpentes anciennes et créer des ouvrages en bois (chalets, moulins, escaliers…). Il réalise aussi les maisons préfabriquées à ossature bois.

Sur le chantier, il réalise les coffrages pour le béton et met en place la charpente.

Avec le développement de la sidérurgie, le charpentier est amené à travailler sur de la charpente métallique.

Les qualités du charpentier sont nombreuses : il est habile, de constitution robuste, il ne craint pas de travailler en hauteur et il a le sens de l’équilibre.

Les risques

Le charpentier est soumis à de nombreux risques :

  • Le risque de coupure ou de perte d'un membre.
  • La respiration de poussières qui surviennent lors de la découpe de bois ou d'autres matériaux.
  • Le risque sonore survient lors de l’utilisation d'outils bruyants (scie circulaire, scie sauteuse, marteau...).
  • Les chutes de hauteur sont un autre risque, puisque le charpentier travaille pratiquement tout le temps en hauteur.
  • Suivant ses positions de travail et le poids des charges qu'il transporte, il peut avoir mal au dos ou à des articulations. Les gestes répétitifs peuvent aussi amener des douleurs.
  • Il peut aussi être amené sur chantier à travailler avec d’autres corps d'état. Un des risques important est la coactivité, c'est à dire la gestion des activités qui ont lieu en même temps au même endroit.

La prévention immédiate, simple et peu onéreuse

Pour cela, nous allons reprendre les risques évoqués ci-dessus et voir quels sont ceux qui peuvent être évité ou réduit dans une première intention.

La coupure ou la perte d'un membre peut être évitée facilement en laissant les protections des outils électroportatifs. En effet, celles-ci sont nécessaires pour vous protéger et protéger les travailleurs alentours. Pour les outils tels que la scie à main ou diverses pinces qui peuvent provoquer des blessures, il faut essayer de déterminer des méthodes de travail et de s'y tenir. Dans certains cas, l'utilisation de gants anti-coupure est préconisée.

La respiration de poussière peut être atténuée en utilisant un masque anti-poussière adapté au type de poussières générées (taille, nature).

Le risque sonore est facilement évitable en portant des bouchons d'oreille. Les moins chers étant ceux en mousse, le mieux étant d'avoir des bouchons d'oreille moulés qui sont parfaitement adaptés à l'oreille de chaque salarié puisqu'une empreinte de l'oreille est faite par l'entreprise réalisant les protections. Ces derniers permettent aussi la communication car ils filtrent certaines fréquences de sons.

Pour ce qui est du mal au dos ou aux articulations, il est tout à fait possible de commencer sa journée par des échauffements ou de la terminer par des étirements. En cas de position inconfortable, il est aussi possible de faire des pauses régulièrement. Pour le port de charges, il faut savoir que celui-ci est limité à 55 kg suivant le code du travail (article 4541-9 du code du travail). Dans de nombreuses entreprises, il est d'usage que les employés ne portent pas de charge supérieure à 25 kg.

Pour ce qui est de la coactivité, la prévention commence par des gestes simples. Tout d'abord maintenir son espace de travail et les différentes postes de travail occupés (préparation des charpente, découpe du bois...) aussi propres et rangés que possible. Surtout, il faut éviter les choses au sol (fils électriques, morceaux de bois...) cela pourrait engendrer des chutes de plain pied pour vous ou pour les autres personnes travaillant sur le chantier.

Pour aller plus loin : une prévention sur le long terme

Comme pour la prévention simple et immédiate, reprenons les risques auxquels le charpentier est soumis.

Exposition aux poussières

Pour faire baisser l'exposition aux poussières, il faut tout d'abord les capter à la source. En effet, de nombreux équipements destinés aux professionnels permettent de capter les poussières au niveau de leur émissions, ces outils sont équipés "d'aspirateurs" avec des filtres pour éviter le rejet des poussières dans l'atmosphère.  Il faut également un dispositif d’épuration de l’air avant rejet à l’extérieur et d’un système d’introduction de l’air. Ces équipements sont lourds mais permettent de faire baisser véritablement la concentration des poussières dans l'air. Ce type d'équipement peut tout à fait équiper un atelier, par exemple.

Sur le terrain, il est possible d'utiliser des appareils plus mobiles adaptés aux outils portatifs.

Dans un second temps, il y a les EPI (Equipements de Protection Individuelle) qui doivent être adaptées à la taille des poussières. On distingue 3 types de masques :

  • Les demi-masques FFP1 : Contre les poussières fines (silice, laine de verre, ciment, métaux ferreux, bois tendre…)
  • Les demi-masques FFP2 : Contre les particules fines et toxiques (ponçage de pièces métalliques, de résine...)
  • Les demi-masques FFP3 : Très haute protection contre les particules très fines (plomb, amiante, fibres céramiques...)

Pour  filtrer les particules, il est nécessaire que les masques soient marqués par la lettre D. En effet, ces masques sont conçus pour résister au colmatage et sont donc parfaitement adaptés pour le charpentier.

Ainsi, pour un charpentier n'utilisant que le bois, il est nécessaire de s'équiper d'un masque de type FFP1 D. Pour ceux qui doivent aussi travailler sur des pièces métalliques, il peut être nécessaire d'utiliser des masques de type FFP2 D.

Attention à l'utilisation de ces masques certains sont réutilisables R et d'autres non réutilisables NR. De plus, vous devez aussi faire attention à l'état des masques, si ceux-ci ne sont pas en bon état il ne faut pas les utiliser car leur protection n'est pas assurée.

Si vous devez intervenir en rénovation sur des charpentes métalliques, il est nécessaire de faire attention à l'exposition aux poussières de plomb. Pour cela, n'hésitez pas à consulter l'article sur le plomb.

Les chutes de hauteur

Pour éviter les chutes de hauteur, il faut investir dans des équipements de protection collective. Tout d'abord, on peut penser à l'échafaudage (roulant ou fixe), mais il existe aussi des PIRL (Plateforme Individuelle Roulante Légère), des nacelles élévatrices, ou des chariots élévateurs ou chariots télescopiques équipés de nacelle. Pour chacun de ces systèmes, il faut avoir reçu une formation spécifiques (sauf pour les PIRL), et surtout une autorisation (différence entre autorisation et formation). Il n'est pas toujours nécessaire d'acheter ces équipements, il est aussi possible de les louer.

Pour l'utilisation des nacelles (chariots élévateurs, chariots télescopiques) et pour des travaux sur les toitures, il faut que l'utilisateur soit muni d'un harnais et soit formé à son port. Lors des travaux sur toiture, il est nécessaire de mettre en place des points d'ancrage. Pour cela, il est possible de faire appel à des sociétés spécialisées ou de se former. Des points d'ancrage peuvent être mis en place grâce à des cordes, par exemple.

Les troubles musculo-squelettiques

Ce sont les maladies professionnelles les plus fréquentes. Elles amènent une baisse de qualité du travail et une baisse de performance. Pour éviter ces troubles, il faut former les salariés aux gestes et postures (ou formation PRAP : prévention des risques liés à l’activité physique), essayer d'alterner les tâches pour éviter de faire le même geste trop longtemps, aménager au mieux son poste de travail. Si le besoin s'en fait ressentir, il est tout à fait possible de faire appel à la médecine de travail pour qu'elle vous aide à étudier les différents postes de travail de votre métier. Ainsi, vous pourrez mettre en place des protections efficaces ou des méthodes de travail particulières.

Pour ce qui est du port de charge, il faut toujours essayer de la limiter au maximum (Article R4541-3 du code du travail : "[...] éviter le recours à la manutention manuelle de charges par les travailleurs."). L'employeur doit mettre à disposition les moyens de manutentions adaptés au travail à réaliser. Ainsi, il est possible d'investir dans des chariots élévateurs, des diables, des transpalettes, des palans... Il existe de nombreux moyens pour le levage de charge ou tout simplement pour le port de charge. Souvent, ces moyens sont disponibles à la location, à vous de vous renseigner.

Gestion de la coactivité

Pour limiter la coactivité, il est nécessaire de réaliser des réunions régulières (ou des points brefs le matin) entre chefs d'équipe sur des petits chantiers, et avec les interlocuteurs concernés (maître d’œuvre, maître d'ouvrage, chefs d'entreprise, chefs de chantier, Coordinateur SPS (sécurité et protection de la santé)...) sur les chantiers plus importants. Pour ces derniers, il est aussi nécessaire de rédiger des documents particuliers soit un plan de prévention, soit un PPSPS (plan particulier de sécurité et de protection de la santé). Le choix de l'un de ces documents sera fait en fonction de la règlementation à laquelle est soumis le chantier.

Conclusion

Le métier de charpentier est un métier assez physique et ainsi il est soumis à des risques importants. Il faut toujours être dans un objectif de protection du travailleur et d'écoute vis à vis des salariés. Ils ont souvent des solutions pour se protéger et celles-ci demandent peu d'investissement.

Si vous souhaitez avoir plus d'informations sur les risques et la prévention liés à ce métier, n'hésitez pas à me contacter. Vous pouvez aussi consulter le site de l'INRS.

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